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L’histoire du Centre Culturel Bactria
(Impressions d’Amal-Khonum Gadjieva – première employée de BACTRIA,
responsable des Relations Publiques)
Le Centre Culturel Bactria a été créé en décembre 2001 par l’ONG ACTED mettant en oeuvre des projets humanitaires et de développement. Bactria a été créé au Tadjikistan dans l’intention de répondre aux besoins d’accès à la culture, à l’information et à la formation professionnelle. Depuis, le centre est devenu un point de référence dans la vie culturelle de Douchanbé.
Le Centre Culturel Bactria a ouvert ses portes le 14 décembre 2001, non loin de l’Université Pédagogique ; un emplacement idéal puisque également proche de l’Université d’Agriculture, de Médecine et d’Art ainsi que de la faculté de Médecine, facilitant l’attraction de nombreux étudiants.
Aux cours des années 2001 et 2002 le pays sortait à peine d’une terrible guerre civile. Le niveau de vie était bas ; les membres de l’intelligentsia vendaient leurs livres pour s’acheter du pain. Les professeurs travaillaient comme portiers pour pouvoir nourrir leurs familles. Les théâtres étaient déserts et les acteurs travaillaient comme journalistes ou dans des commerces plus lucratifs pour gagner un peu d’argent.
L’ouverture du Centre Culturel Bactria à cette époque fut un évènement d’une très grande importance pour le développement culturel au Tadjikistan. Le jour de l’inauguration, le Ministre de la Culture en personne fit le premier discours. Dès ses débuts, BACTRIA a organisé des expositions de peintures et de photographies et des concerts en tout genre. Au départ, très peu de personnes connaissaient son existence. Il fallait aller chercher les artistes et leur offrir un lieu d’exposition, bien qu’à cette période exposer dans l’inconnu BACTRIA ne présentait pas grand intérêt.
Nous avons chéri BACTRIA comme un nouveau-né et avons eu la patience d’une mère avec son enfant. L’équipe était à tel point chaleureuse que les employés d’autres organisations s’en montraient envieux…Les directeurs se sont succédé, certains meilleurs que d’autres, mais tous d’accord sur un point: BACTRIA devait vivre et se développer. Et dans ce but ils ont tous fait leur possible.
Le premier peintre à exposer à Bactria fut un artiste tadjik très intéressant; Murivat Bekhnazarov, et le premier photographe, Gennady Ratushenko, était déjà renommé au Tadjikistan et à l’étranger.
Une collaboration de longue haleine avec l’Académie Shash-maqâm, sous la direction d’Abduvali Abdurashitov, a commencé et s’est renforcée avec une série de concerts aussi bien avec de jeunes musiciens que des d’adultes ; concerts fréquentés par un public appréciant réellement la musique classique nationale.
A cette époque, les personnes en quête d’expériences spirituelles sont venues nous remercier les larmes aux yeux pour ces quelques rayons de soleil venant illuminer leur morne quotidien.
Puis les cours de français, anglais et allemand ont commencé. A peine le premier semestre achevé que nos étudiants commencèrent à parler du centre autour d’eux, attirant ainsi de nouveaux étudiants venant grossir la file des candidats. Les étudiants ébruitèrent également nos évènements culturels au sein de leurs cercles amicaux et familiaux. C’est ainsi que le nombre de nos adeptes commença à grossir de jour en jour.
Avec le soutien de différentes ambassades et organisations internationales, nous avons organisé des festivals de poésie, différents séminaires, des semaines du film étranger, la rencontre de théâtres d’Asie Centrale, des master class de musique électronique et des festivals de musique. BACTRIA est devenu un espace pour le dialogue des cultures. Aux côtés d’artistes locaux, des photographes français, des artistes mongoles, ukrainiens, américains et iraniens ont exposé dans notre centre. Des musiciens américains nous ont également rendu visite.
Puis nous n’avons plus eu besoin d’aller chercher les artistes. Ils venaient signer un an à l’avance. BACTRIA était devenu une excellente occasion d’exposer et d’exprimer ses idées sans avoir à débourser d’importantes sommes. Suite à une exposition à Bactria, le travail d’Ilyos Mamadjanov a pu gagner reconnaissance à l’étranger. D’autres artistes tels que Rafik Minyasarov, célèbre et talentueux caricaturiste, ont également eu l’occasion de pouvoir organiser leurs premières expositions personnelles.
BACTRIA a donné la possibilité d’exposer à tous ceux dont le travail en valait la peine.
De plus, BACTRIA a permis aux étudiants de l’Institut d’Art et du Collège d’Art d’exposer leur travail avec succès. Nous avons également ouvert nos portes à la talentueuse Jacqueline Gukasovoy, âgée de sept ans.
L’expo photo ‘La terre vue du ciel’ du photographe français Yann Arthus-Bertrand a eu lieu dans le Parc Rudaki au centre de Douchanbé et a attiré des milliers de visiteurs.
En collaborant étroitement avec la majorité des écoles de musique de Douchanbé, BACTRIA a également permis à beaucoup d’enfants de montrer leur talent. De nombreux musiciens et groupes ont fait leurs débuts au Centre Culturel Bactria. Ainsi, Azalia Galiahmetova, violoniste désormais reconnue au delà des frontières tadjikes, a fait sa première représentation publique à Bactria, sans oublier l’ensemble de percussions ‘Hunerog’, le quartette ‘Musique Pour l’Ame’, des groupes de rock et des ensembles musicaux provenant de différentes écoles de musique. Tous les genres de musique animent BACTRIA, allant de Shash-maqâm au jazz.
C’est ici que le musicien français Thomas Charmetant a conduit une master Class de musique improvisée….
Il y a de cela plusieurs années, la chorégraphe française Laurence Levasseur a entamé une collaboration qui continue encore aujourd’hui avec le théâtre local Padida.
Notre foire artisanale est devenue un évènement régulier attirant de nombreux participants et visiteurs, sans oublier les festivals de rock et la Fête de la Musique.
En participant à la restauration du Buddha en Nirvana et à la publication d’une brochure et d’un catalogue pour le Musée National des Antiquités, le Centre Culturel Bactria tente également de contribuer à la préservation de l’héritage culturel.
Cette année, sous le leadership de Georgy Mamedov, une nouvelle équipe a vu le jour à Bactria. Le centre poursuit sa démarche avec des activités variées : exposition d’art contemporain, séminaire sur la critique d’art, l’exposition ‘Thèses d’avril’ et celles de jeunes artistes…
Aujourd’hui tout le monde nous connaît bien en ville. Parfois les gens ne me laissent même pas être malade :
- C’est quoi la prochaine à Bactria? On s’ennuie!
Je crois que notre travail à Bactria permet de continuer les efforts des équipes passées, améliorer les résultats et corriger les imperfections. Seuls ceux qui ne travaillent pas ne font pas d’erreurs, mais avant tout nous aimons Bactria comme notre enfant, comme notre propre maison.’ |
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