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Exposition: "Thèses d’avri" – avril 2008
"Pourquoi Lénine? – Le vieil inoublié et le nouvel inconnu"
Pourquoi BACTRIA a-t-il choisi de commémorer l’anniversaire du politicien culte du 20ème siècle, Vladimir Ulyanov-Lenin, avec une exposition portant le nom des célèbres «Thèses d’avril»? Il s’agissait d’une tentative de revenir sur une période historique plongée dans l’oubli et de rechercher jusqu’à quel point ce héros est toujours vivant . En même temps, aux représentants de l’art contemporain, loin de cette époque où la créativité appartenait à la sphère politique, a été donnée la totale liberté d’exprimer leur propre vision des principales idéologies de l’époque soviétique. Dans cette exposition « co-existaient » l’esprit élevé, le style épique, élogieux et zélé de l’art proclamé avec des travaux ironiques voire railleurs. Le seul lien entre les travaux des deux différentes approches, au-delà du style, de la technique, de la taille ou du genre, était le personnage principal, partout identifiable, même sous des représentations abstraites comme sous la forme d’une ampoule portant une casquette (travail vidéo inventif et puissant d’ Aleksey Rumjantsev « L’ampoule d’Ilyich »).
Croire que seuls les gouvernements socialistes et autoritaires ont généré telle culture et propagande serait bien naïf. L’utilisation de héros comme exemples de vie et de morale pour les citoyens existait déjà à l’époque de l’antiquité, a été utilisé avec succès aux cours de chaque époque et «fonctionne» encore parfaitement de nos jours. La représentation canonique peut toujours être réduite à deux fonctions principales – d’une part donner une forme humaine et terrienne à ces héros, d’autre part leur donner « un visage publique », une forme plus symbolique. Le symbolisme permettait les représentations canoniques à travers le dessin, la sculpture, la broderie, la sculpture et la peinture, et ce dans différents matériaux ; toujours les mêmes représentations des pauses, actions et costumes minutieusement dictés par les entités gouvernementales.
Dans les travaux d’art appliqué, entourés de décors industriels et similaires à des “f’estins divins”, le constructeur de la paix pause en égal aux Dieux, tandis que les statues lui donnent “une dimension spirituelle et inaccessible”, il domine les gens. En d’autres termes, ces travaux totalitaires et académiques n’étaient autres que des messages politiques diffusés dans toutes les sphères publiques qu’ils réussissaient à pénétrer.
Pendant la période soviétique, les représentations matérielles du leader, portraiture strictement régulée, servaient de modèle d’identité culturelle. De nos jours, il a perdu son sens initial mais continue d’être reconnu par tous. Ce phénomène permet aux artistes d’interpréter des expressions normatives tout en s’affranchissant des contraintes légales. Dans l’art contemporain, le plus important est “la dissemblance” des oeuvres d’art et l’expression d’une vision personnelle. Dans ce contexte, l’exposition a donné lieu à des résultats complètement inattendus. Ici, le judicieux remplacement des visages des héros dans le format iconographique des monuments soviétiques (photographie de Murod Sharipov), là, des badges charmants mais ‘cheap’ représentant Volodja dans son enfance et Ilijich à l’âge adulte (intéressante série de photos de Jamshed Kholikov) puis le parallèle établi entre le traditionnel doigt pointé des leaders et les matraques de la police tadjike (bannières de large dimension d’Aziza Rustamova.)
Cette petite exposition portant le traditionnel titre « Thèses d’avril » s’est avérée étrange, intrigante, instructive, voire choquante. Les commissaires d’exposition ont trouvé une façon intéressante de mettre en oeuvre leur idée, accompagnant le tout de chansons de l’ensemble tadjiko-russe de l’université slave. De façon symbolique, la nature a montré son visage en puissance le jour du vernissage. La pluie diluvienne, telle une manifestation révolutionnaire, est venue accompagner l’effondrement des idées.
(Larisa Dodhudoeva – historienne de l’art)
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Exposition: "A la recherche d’espace" – février 2008
Exposition: "L’Art au féminin" – mars 2008
Exposition: "Ombre" – travail collectif avec Martha Jackson-Jarvis et des artistes et étudiants en art tadjiks – juin 2008
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